Wes Craven, ce n'est pas seulement "La Colline a des yeux", "Les Griffes de la Nuit", "Shocker" ou encore "Scream" (pour ses plus connus...) mais c'est aussi l'un des premiers, des plus durs, des plus violents, des plus choquants et des plus mémorables Rape and Revenge*.
En effet, pour son premier long métrage, le réalisateur décide de filmer l'histoire abominable de deux pauvres jeunes filles torturées, violées, humiliées et assassinées par une bande de quatre psychopathes complètement détraqués et sadiques.
Film choc qui, malgré sa trentaine d'années, reste toujours aussi malsain et scandaleux, ce film a longtemps été interdit dans de nombreux pays dont la France. La violence omniprésente y est absolument gratuite et l'aspect quasi-documentaire du métrage ainsi que le jeu parfait des acteurs nous placent presque dans une position de voyeur d'où un fort sentiment de malaise.
Ce film est précurseur dans pas mal de domaines, notamment le lancement du genre Rape and Revenge et la toute première utilisation d'une tronçonneuse à des fins autres que le bûcheronnage.
Hormis le fait que ce film puisse déranger, il permet l'ouverture d'une réflexion sur le but du cinéma et de tels films même si son impact est beaucoup moins important aujourd'hui du fait de ce que l'on peut voir un peu partout, au journal télévisé par exemple...
La Dernière Maison sur la Gauche demeure un bon film, portrait social des années hippies et oeuvre phare du cinéma d'horreur.
Et enfin, n'oubliez pas, comme le rabâche la bande annonce :
It's only a movie
...Only a movie
...Only a movie
...Only a movie
...Only a movie
*Rape and Revenge : Littéralement "Viol et Vengeance". Sous-catégorie de film d'horreur dont les enjeux narratifs reposent sur un viol et/ou la torture, l'humiliation, le meurtre, etc. d'une ou de plusieurs femmes et la punition du ou des méchants par la victime ou ses proches. Probablement l'un des genres les plus controversés et polémiques, accusé de complaisance et de voyeurisme pas ses détracteurs. Les exemples les plus connus et représentatifs de ce genre sont (hormis "La Dernière maison sur la Gauche"):
- "Crime à Froid" ("Thriller", "They call Her one Eye") de Bo Arne Vibenius ;
- "La Bête tue de Sang-Froid" ("L'Ultimo treno della Notte") de Aldo Lado ;
- "Island of Death" ("Ta Paidia tou diabolou") de Nico Mastorakis ;
- "Oeil pour Oeil" ("I Spit on your Grave" ; "Day of the Woman") de Meir Zarchi ;
- "La Maison au fond du Parc" ("La Casa Sperduta nel Parco" ; "House on the Edge of the Park") de Ruggero Deodato ;
- "Extremities" de Robert M. Young ;
- "Raped by an Angel" ("Xiang Gang qi an zhi qiang jian") de Andrew Lau ;
- "Red to Kill" ("Ruo Sha") de Hin Sing "Billy" Tang ;
- "Irréversible" de Gaspard Noè.






